L'histoire de Val-David

 

L'école du 8e rang, 1885. Dessin de Sonia Paquin, 2000.
L'école du 8e rang, 1885. Dessin de Sonia Paquin, 2000.

Ecole Montée du 8e rang  vers 1900. Archives de la SHPVD.
Ecole Montée du 8e rang vers 1900. Archives de la SHPVD.

L’école d’en haut au lac Paquin. Photo Claude Proulx.
L’école d’en haut au lac Paquin. Photo Claude Proulx.

École dans l'Castor. Photo Claude Proulx, 2001.
École dans l'Castor. Photo Claude Proulx, 2001.

L’école du Chemin de la rivière. Photo Claude Proulx.
L’école du Chemin de la rivière. Photo Claude Proulx.

Les écoles de rang à Val-David

par : Claude Proulx, (2000 )

À L’AUBE d’une journée tempétueuse d’hiver, vêtu d’un manteau de chat sauvage, portant sur son dos un sac de cuir, plein de livres scolaires, le maître d’école enfile ses raquettes à neige et sur une distance de quatre kilomètres, à travers monts et vaux, il affronte les rafales glaciales pour se rendre depuis sa maison sur les bords de la rivière du Nord jusqu’à l’école de la Montée du huitième rang au Lac Paquin. Rendu là, à l’aide d’une vieille pelle de bois, il dégage la porte de l’école, bloquée par une congère de neige. Il allume le poêle à bois et prépare sa classe pour recevoir une vingtaine d’élèves, qu’il attend, tout en sirotant un café bouillant et grignotant son petit-déjeuner, constitué d’un sandwich au beurre de peanuts et d’une banane. Une autre journée débute pour Charles-Édouard Blondin, le maître de l’école d’en bas au Lac Paquin.

En 1849, les premiers colonisateurs s’installent au Lac Paquin, dans le secteur occidental de notre territoire. À partir de 1860, l’éducation des enfants s’organise dans les maisons privées des familles. La population est concentrée dans ce secteur des septième et huitième rangs du canton de Morin.

La première école de rang, En 1885, on érige une école sur le lot numéro 4 du 8e rang du Canton de Morin, au Lac Paquin de Mont-Morin, appellation populaire ou lieu-dit à cause du Bureau de Poste. Cette terre appartient à Damase Giroux qui fait don aux commissaires d’école de Ste-Agathe d’une parcelle de terre d’une superficie de 5 perches sur 5, (ancienne mesure de longueur, une perche égalait environ 20 pieds), située sur le chemin du 8e rang du même Canton, aujourd’hui, dans l’environ de la rue Ovide, près de l’autoroute du Nord. Ce petit bâtiment peut recevoir une vingtaine d’élèves. Les mères de familles sont volontaires pour l’enseignement. Il nous est difficile de retracer une photo de cette première école.

En 1899, la Commission scolaire de Sainte-Agathe-des-Monts, ordonne la construction de trois écoles sur notre territoire. Selon les récits du temps « les écoles se doivent être situées dans les trois arrondissements, là où l’on retrouve les plus importantes concentrations d’enfants à instruire ».

Ces bâtiments font vingt-deux pieds sur vingt-quatre, ils sont solidement ancrés sur des fondations de pierre des champs de deux pieds d'épaisseur, qui supportent le bâti érigé en bois. Leur construction, à l’architecture d’influence rustique d’époque, s’inspire des plans dictés par un architecte du ministère de l’Instruction Publique de la Province. Bien que ces bâtisses soient relativement convenables pour l’époque, il n’y a pas d’électricité. Durant les mois de froidure on chauffe au poêle à bois.

L’école d’en bas au Lac Paquin, En 1907, sur la Montée du 8e rang, on construit une nouvelle école qui remplace celle érigée en 1885. Elle est appelée “ l’école d’en bas ” par les gens du Lac Paquin, car elle se trouve au fond d’un vallon. Elle est située sur un terrain de 108 pieds sur 180 pieds, d’une superficie de 19,440 pc., sur le lot 6b du 7e rang qui appartient à Ferdinand Parent. Ce n’est que le douze septembre 1934 que monsieur Parent cède ce terrain aux commissaires d’école de la municipalité de St-Jean-Baptiste-de-Bélisle, ( village municipalisé depuis 1921 ), pour la somme de cinquante dollars, avec la bâtisse d’école dessus construite. Le 21 avril 1948, Julia Ouimet, la veuve de Ferdinand Parent fils, vend à la commission scolaire, pour la somme de cent cinquante dollars, un petit terrain de 24 pieds sur 80, 1,920 pc., dans le lot 6b du 8e rang. Ce qui donne une superficie totale du terrain de l’école de 21,360 pc.

Ernestine Lefebvre est la première maîtresse de l’école d’en bas, puis, lui succèderont; Alice Borduas, Flore Marinier, Sise au numéro civique du 1336, Montée du 8e rang, cette école s’affaire à l’instruction des enfants du quartier jusqu’en 1947.
Le dix juillet 1948, la Commission Scolaire de Val-David ( nouvelle appellation depuis 1944) vend le bâtiment à Nasepp Motter. Il est racheté en avril 1993 par Corinne Gonzalez et Miguel Manzano. Ces deux jeunes travaillent fort à la conservation patrimoniale de ce bâtiment historique car ils ont à cœur de le bien préserver.


L’école d’en haut au lac Paquin,
Le dix-huit janvier 1947, Rodrigue Parent vend pour cinq cents dollars, à la Commission scolaire de Val-David, un terrain d’un arpent carré sis au coin ouest du Chemin du 7e rang et de la Montée du 8e rang. Durant cette année, on construit une nouvelle école que l’on nomme “ l’école d’en haut ”.Les instituteurs seront Madeleine Grenier, qui gagnait 100 dollars par mois, madame Rollin, Henri Taillon et Charles-Édouard Blondin. L’école est située au 1433, chemin du 7e rang, relativement plus spacieuse que sa précédente, elle est du style d’architecture pittoresque avec sa toiture en pavillon à quatre versants. Le bâti en bois est recouvert à l’extérieur de planches à la verticale, lambrissées de papier-brique. L'école est fréquentée par les enfants du Lac Paquin (Vieux Val-David) jusqu'en 1961.

L’emplacement est acheté par André Paquin en 1970 et au décès de ce dernier en 1990, il est légué à sa sœur Jeanne d’Arc et à son frère Alfred. Depuis, la bâtisse, est louée à des parents et amis de la famille et jusqu’à ce jour elle a conservé son style et apparence d’origine
L’école dans l’Castor; C’est ainsi que les villageois appellent cette école construite en 1910, située sur lot numéro trois du premier rang, dans le canton de Doncaster, sur les berges du petit Lac Campeau. On fait facilement le lien de l’expression « dans l’Castor » ( dans l’rang Doncaster ) utilisée par les gens de l’époque, laquelle s’est perpétuée jusqu’à nos jours. L’école est bâtie par Anthime Ménard au coût de onze cents dollars.
Ce bâtiment est racheté en 1947, pour la somme de cent piastres par René Légaré. Il est démoli et les matériaux sont utilisés pour les fins de la construction de sa maison familiale.

Les besoins d’instruire un plus grand nombre d’enfants dans « L’Castor » ( dans le rang de Doncaster ), se manifestent. C’est ainsi qu’en 1947, on construit une autre école dans l’environnement immédiat de la précédente. À cet égard, René Légaré vend un petit terrain, pour la somme de cent piastres à la Commission Scolaire de Val-David.

On reconnaît l’architecture de cette bâtisse à son toit en pavillon à quatre versants, identique à l’école d’en haut du Lac Paquin. Madame Eugénie Vanier en est la première institutrice, puis, Lise Ménard, Gabrielle Guindon, Henri Taillon et Simone Campeau se succèdent comme maîtresses et maître des écoles dans L’Castor L’endroit est connu aujourd’hui comme Le Chalet Hardy, faisant partie du domaine de l’Auberge du Vieux Foyer. Cette dernière école dans le 1e rang Doncaster est bien préservée par ses nouveaux propriétaires. Le puits d’origine est sauvegardé dans son cachet d’antan

L’école du Chemin de la Rivière. Érigée en 1910, selon les décrets du temps, cette nouvelle école sert à l’instruction des enfants de l’arrondissement de la partie Nord sur le Chemin du Roi. Elle est située sur une partie du lot 36, dans le 11e rang du canton de Morin, à l’adresse civique du 1612, Chemin de la Rivière. Léon Guindon se porte propriétaire de la bâtisse vers 1950. Puis, la maison est louée à Mariette Dubreuil, cette fameuse artiste peintre de notre village, à partir de 1976 et jusqu’au décès de cette dernière en 1996. Aujourd’hui, la résidence est la propriété de Nicole Guindon, qui a su assurer à ce bâtiment historique de notre village, une préservation, digne des belles rénovations qu’elle y a exécutées, et ainsi conserver l’aspect d’origine de cette ancienne et noble école de rang.

L’Académie du Sacré-Cœur, En 1922, on bâti une école, à proximité de l’église, que l’on baptise, l’Académie du Sacré-Cœur. Sœur Marie Joseph Hector, des Sœurs de Sainte-Anne, en est la première institutrice. Située sur la rue de l’Académie, cette école rebaptisée École Sainte-Marie connaît plusieurs modifications avec les années. En l’an 2000, l’enseignement est du niveau primaire, 1 et 2, avec quelque 125 élèves et six professeurs. En 2010, madame Maryse Lapointe en est la directrice.

L’école Saint-Jean-Baptiste; Construite en 1960, et située au 2580, rue de l’église, son bâti est au style d’architecture contemporain. Elle connaît en 1998 d’importantes améliorations pour satisfaire les besoins de la région. En l’an 2000, l’enseignement est du niveau préscolaire; la maternelle avec 60 élèves et du niveau primaire, de 3 à 6, avec 225 élèves et quatorze professeurs. En 2010, madame Maryse Lapointe en est la directrice.